Second semestre : Liberté

Second semestre : Liberté

Voici le calendrier des cours du second semestre.

1 – « La servitude volontaire » (3 séances de cours + 1 séance de débat) Intervenant : Bernard PROUST, Philosophe. Séance n°1 : le 30 Janvier ; Séance n°2 : le 6 Février ; Séance n°3 : le 13 Février ; Séance n°4 (débat-discussion) : le 20 Février. Suivront 2 semaines d’interruption pour les vacances de Février.

À partir d’un réflexion sur “le pouvoir africain” dans la Région des Grands Lacs (Rwanda, Burundi), réflexion qui relève de l’anthropologie politique, Bernard Proust proposera de reprendre la question philosophique, dite “de la servitude volontaire”, que Hume résumait ainsi dans Sur la Soumission : “Rien n’est plus surprenant pour ceux qui regardent les choses humaines d’un œil philosophique, que de voir la facilité avec laquelle le grand nombre est gouverné par le petit, et l’humble soumission avec laquelle les hommes sacrifient leurs sentiments et leurs penchants à ceux de leurs chefs. Quelle est la cause de cette merveille ? Ce n’est pas la force : les sujets sont toujours les plus forts. Ce ne peut donc être que l’opinion. C’est sur l’opinion que tout gouvernement est fondé, le plus despotique et le plus militaire, aussi bien que le plus populiste et le plus libre”.

2 – « Le libéralisme dans tous ses états » (3 séances de cours + 1 séance de débat). Intervenante : Fabienne DOURSON, Economiste. Séance n°1 : le 13 Mars ; Séance n°2 : le 20 Mars ; Séance n°3 : le 27 Mars ; Séance n°4 (débat-discussion) : le 3 Avril.

La question du libéralisme est évidemment au cœur des conceptions contemporaines de la liberté… L’idée d’un régime prônant la liberté de tous et de chacun est généreuse ; la réalité est souvent plus discutable… mais pour se prononcer, il faut d’abord se poser la question de quel libéralisme parle-t-on ? Fabienne Dourson proposera une réflexion sur les libéralismes très différents qui se sont développés du 19ème au 20ème siècle — tant au niveau des pratiques que des conceptions théoriques.

3 – « John Maynard Keynes : un économiste libéral ou anti-libéral ? » (1 séance de cours). Intervenant : Jean-Robert ALCARAS, Economiste. Le 10 Avril. Puis, interruption vacances de Printemps (reprise des cours le mercredi 2 mai).

Keynes est un économiste à part, singulier à de nombreux égards. Pour le comprendre et appréhender son œuvre avec justesse, il faut sortir de la représentation usuelle qu’on en a — selon laquelle il apparaît comme le chantre d’un capitalisme d’Etat aux actions mécaniques et sans âme (une forme de néo-colbertisme). Il faut se souvenir de son radicalisme, mais aussi de son charisme et de son originalité : homme de science, homme d’Etat, spéculateur au flair incomparable, mais aussi amoureux éperdu de justice, de l’humanité, de la culture, de la langue, des arts et des lettres… Alors — et seulement alors — on peut comprendre qu’il est foncièrement libéral par certains côtés ; mais qu’il est aussi, sous d’autres angles, un ferme opposant à un certain libéralisme. Cette réflexion sur Keynes nous donnera l’occasion de vérifier que libéralisme et capitalisme sont bien deux choses distinctes, et que l’on peut, comme lui, être anti-libéral sans s’opposer nécessairement au capitalisme.

4 – « Des libertés d’ancien régime à la liberté des Lumières » (3 séances de cours). Intervenant : Eric WENZEL, Historien. Séance n°1 : le Mercredi 2 Mai ; Séance n°2 : le Mercredi 9 Mai ; Séance n°3 : le 15 Mai.

Il est très intéressant de se pencher sur les différents usages du concept de liberté au travers de notre histoire : ils ont évolué et sont significatifs de principes différents de construction et d’analyse de la société. Ainsi, si on parle beaucoup de Liberté depuis le 18ème siècle, il était traditionnellement plutôt question de « libertés » sous l’ancien régime ; libertés qui se confondaient volontiers avec une culture et la défense des privilèges (institutionnels, sociaux, territoriaux, professionnels…). Que peut-on tirer de ces différences de conception ?

5 – « Les différentes conceptions philosophiques de la Liberté » (2 séances de cours). Intervenante : Muriel DAMON, Philosophe. Séance n°1 : le 22 Mai ; Séance n°2 : le 29 Mai.

Dans le cours d’introduction, nous avons vu que la liberté peut s’envisager d’un double point de vue comme liberté extérieure et intérieure. Je me propose dans les deux cours du second semestre d’analyser la liberté intérieure que nous expérimentons dans nos choix et décisions et dans le sentiment de notre responsabilité avec son cortège de pensées culpabilisantes. Mais que vaut cette expérience ? Avons-nous réellement le pouvoir de juger et d’agir de notre propre initiative, de « faire une chose, ou ne la faire pas (c’est à dire affirmer ou nier, poursuivre ou fuir) » comme l’écrivait Descartes ou l’expérience de notre liberté s’enracine-t-elle en réalité dans l’ignorance des causes qui nous déterminent ? Cette problématique nous conduira à déterminer ce qui, en l’homme,peut légitimer l’expérience du choix ( la raison, la volonté ou la conscience) et ce qui, dans la pratique et la théorie, semble l’invalider (l’expérience de l’impuissance de la raison et de la volonté devant nos passions, les préjugés et l’inconscience). Et comme la philosophie pose — le plus souvent ! — les problèmes qu’elle prétend résoudre, nous nous acheminerons vers une nouvelle définition de la liberté intérieure.

6 – « Les critiques du libéralisme » (3 séances de cours + 1 séance de débat). Intervenant : Jean-Robert ALCARAS, Economiste. Séance n°1 : le 5 Juin ; Séance n°2 : le 12 Juin ; Séance n°3 : le 19 Juin ; Séance n°4 (débat-discussion) : 26 Juin.

Peut-on être anti-libéral ? Tout dépend de ce qu’on entend par ce terme… Karl Marx et les anarchistes du 19ème siècle préféraient parler d’anti-capitalisme, car c’est précisément au nom de la liberté qu’ils s’opposaient à ce système ! Si les libertaires s’opposent ainsi aux « libéraux », il faudra donc commencer par faire le point sur certaines notions et envisager leur rapport plus ou moins critique par rapport aux libéralismes : libertaire, anarchiste (de droite, de gauche… voire d’extrême-droite !), libertarien… Puis on abordera 3 grandes familles de « critiques du libéralisme » : celle de Marx, celle des anarchistes et celle de Keynes. En filigrane, la question des rapports difficiles entre l’Etat et la Liberté sera aussi posée.

7 – “Liberté, responsabilité et droits : application à la lutte contre la pauvreté en France”. Une conférence invitée pour terminer l’année et commencer l’été en beauté. Intervenant : Alain LEROUX, Professeur de Philosophie Economique à l’Université Aix-Marseille III. Le Mardi 3 Juillet 2007 : à 18h30 dans l’amphithéâtre AT06, comme d’habitude.

Notre approche de l’assistance en termes de droits (les mimima sociaux) produit 4 millions de pauvres ! Une approche en termes de responsabilité pourrait-elle éliminer la pauvreté dans notre pays ? Sans doute, et même avec un effort de solidarité moindre que celui consenti actuellement. D’où l’objectif “zéro pauvre, moins d’impôts”. Cette apparente gageure est relevée par le dispositif de “l’allocation personnelle”, qui articule solidarité et entraide. La collectivité demeure en charge du financement de l’assistance, du contrôle du dispositif et de la gestion financière des flux (solidarité). Mais les citoyens sont placés au coeur du mécanisme de répartition des aides, via des “mutuelles de redistribution” (entraide).

Les commentaires sont clos.