Présentation de la séance du 22 mars 2016

Présentation de la séance du 22 mars 2016

Pour notre atelier du 22 mars, 20h,à la Maison Manon, nous avons choisi de confronter deux conceptions de la mémoire et de l’oubli :

  • Nietzsche : 2ème Inactuelle (“De l’utilité et de l’inconvénient de l’Histoire pour la vie”) – 1874
  • Freud (né 12 ans après Nietzsche) : “Mémoire, souvenirs, oublis” – 1921 et 1923

Pour Nietzsche, très critique vis à vis de l’esprit de son temps (abus de commémorations et de références historiques dans l’empire allemand à peine né), il y a le risque que le passé devienne “le fossoyeur du présent” s’il n’est en partie oublié. “Il est possible de vivre presque sans souvenir…, mais il est absolument impossible de vivre sans oublier.”
“Nous voulons servir l’histoire seulement en tant qu’elle sert la vie”.
Le texte de Nietzsche est “une protestation contre l’éducation historique que les hommes modernes donnent à la jeunesse. En protestant, j’exige que l’homme apprenne avant tout à vivre et qu’il n’utilise l’histoire qu’au service de la vie qu’il aura apprise.”

Pour Freud au contraire, l’oubli est pathogène, car résultant d’un “affect refoulé” : “Derrière chaque erreur, il y a quelque chose de refoulé.”
C’est du moins la conclusion qu’il tire de ses observations sur les hystériques (Paris 1885), hypothèse qu’il tente ensuite de confirmer en multipliant les exemples d’oublis, d’erreurs, de confusions, et en fournissant chaque fois une “interprétation” plus ou moins convaincante.
“L’arrêt de fonctionnement ou le fonctionnement défectueux de la faculté de reproduction [de la mémoire] révèlent plus souvent qu’on ne le soupçonne l’intervention d’un facteur partial, d’une tendance, qui favorise tel souvenir ou cherche à s’opposer à tel autre.”

Bref, pour le premier l’oubli est nécessaire à l’épanouissement de la vie ; pour le second il est le symptôme d’un dysfonctionnement psychique que seule la réminiscence peut guérir.

Ça promet un beau débat entre nietzschéens et freudiens…

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