Thème 2017-2018

Thème 2017-2018

Le corps dans tous ses états

 

Le corps nous met-il dans tous nos états ? Comment les États gèrent-ils nos corps ? Peut-on dire que les sociétés s’organisent selon des métaphores du corps ? Le thème choisi par nos auditeurs et adhérents permettra cette année d’aborder la question du corps humain sous plusieurs angles : corps du danseur, du sportif, des personnes en situation de handicap, de l’élève dans l’apprentissage de la musique — nous parlerons essentiellement du corps humain dont chacun de nous se sert pour créer, pour se mesurer aux autres, pour vivre parmi ses semblables ou ses (un peu) différents.

Quelle connaissance avons-nous du corps ? Depuis quand concevons-nous le corps d’abord comme un organisme ? Comment les explorations scientifiques du corps ont-elles modelé et modifié nos conceptions du corps ? Comment la technologie a-t-elle influé sur notre rapport à notre corps, sur les possibilités de l’explorer, de le soigner, voire de “l’agresser“ pour notre “bien“ ? Quelle différence entre le corps sexué et le corps libidinal ? Le corps de l’enfant et celui de l’adulte ? Le corps conçu comme une machine ou un organisme et le corps vécu, imaginé ou rêvé ? Comment l’Antiquité concevait-elle le corps ? Quelle influence a eu sur notre imaginaire le christianisme qui choisit le corps comme pivot, corps frappé par le péché et sauvé par l’Incarnation ? Quelles conceptions du corps ont été construites par d’autres cultures ? Quelles règles sociales nous sommes-nous donné ou subissons-nous qui régissent nos corps (que nous soyons vivants ou morts) ? Comment les artistes ont-ils représenté le corps ? De quelles conceptions du corps leurs productions émanent-elles et les œuvres créées ont-elles, en retour, modifié certaines manières de penser ou de ressentir nos corps ? Et si on suppose que les sociétés humaines sont construites sur des métaphores du corps, peut-on imaginer que différentes conceptions du corps soient à l’origine de différentes structures sociales ou politiques ? Et pour finir, le corps est-il cet espace que nous habitons lors de notre passage sur terre ? Est-il le seul lieu de notre être sans lequel nous ne pourrions plus être ?

Voulant clouer le bec aux détracteurs du corps, Nietzsche écrivait : “J’ai un mot à dire à ceux qui méprisent le corps. Je ne leur demande pas de changer de doctrine, mais de se défaire de leur propre corps ; ce qui les rendra muets“. Muets, nous ne le serons pas ! Et nous espérons que vous aussi prendrez la parole, pour nous aider à creuser ces questions que nous n’épuiserons pas.

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