Mardi 16 juin Joëlle Molina devait, comme chaque année depuis 2012, faire une intervention
et pour illustrer le thème choisi cette année par l’UPA « La Curiosité, entre création et
découverte », elle devait parler de « La Kabbale comme source de création : Mallarmé,
Borgès, Anselm Kiefer, etc.… » (sans oublier Pic de la Mirandole) ; mais Joëlle nous a
quittés le 2 mai. Nous avons prévu de lui donner la parole par l’entremise de 4 interprètes.
La première sera Anouk Bartolini, qui présentera une première facette de ce qu’était Joëlle
médecin psychiatre et psychanalyste. Parmi plusieurs interventions de notre amie sur la
psychanalyse, Anouk a choisi de s’appuyer sur l’avant-dernier exposé « Pensée humaine et
intelligence artificielle », d’une brûlante actualité (ou plus que jamais d’actualité) et qui nous
restitue le profond humanisme de Joëlle et l’ardeur de ses convictions
La deuxième sera Madira Sardancourt, qui présentera une deuxième facette de Joëlle : la
création artistique comme plasticienne, photographe… Elle nous fera revivre la contribution
de Joëlle dans « Avignon, l’affaire Mallarmé », un événement qui s’est déroulé en octobre
2009 autour d’un texte de Mallarmé « Igitur ou la folie de Elbehnon » : ce texte a associé un
spectacle de danse dans le cadre des Hivernales, une installation à la Chartreuse de
Villeneuve avec le travail de Joëlle, une exposition et des conférences.
Joëlle était devenue par ailleurs une excellente connaisseuse et commentatrice de l’univers
poétique de Mallarmé, troisième facette de sa riche personnalité ; elle nous a aidés, nous
auditeurs de l’UPA, à oser franchir les portes de ce royaume, réputé hermétique. Grâce à
son approche originale et en même temps très pointue, elle a été invitée à participer comme
intervenante à des colloques universitaires et à publier plusieurs articles sur le sujet : en
particulier, elle « fignolait », quelques jours encore avant son décès, un texte « Mallarmé et
l’’Idée’ sioniste ».
Son texte « Une lecture cabalistique du ‘Sonnet en X’ » publié en 2014 assurera la transition
avec la lecture de ce sonnet.
La troisième interprète sera Christine Betis qui est chargée d’aborder une quatrième facette
de la curiosité de Joëlle, son intérêt pour la Kabbale. Là, Christine va devoir en rester aux
supputations, à ce que probablement, possiblement, peut-être Joëlle avait envisagé de
partager avec nous sur le sujet et que le titre de sa présentation suggérait.
La quatrième interprète sera Aïni Iften. Il nous a semblé pour terminer cette séance,
qu’évoquer la jeunesse algérienne de Joëlle, la guerre d’Algérie qui lui a laissé une trace
ineffaçable, était une évidence. Elle a écrit un texte sur cette période « Nous étions des
enfants dans la guerre qui ne disait pas son nom », texte à partir duquel une lecture
théâtralisée avec chants traditionnels kabyles a été produite, quelques semaines avant sa
disparition, au théâtre l’Isle80, avec Aïni Iften. Mme Aïni Iften a accepté de terminer la
séance avec un extrait de ce spectacle et pour nous tous, dans l’émotion du souvenir si
présent de notre amie.